Roman​-​savon

by Mathieu Bérubé

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1.
04:46
la ligne est mince le sable grince c’est le temps qui s’use et tout m’évince en attendant le courage je bâtis des mirages je roule la bille qui perle mon sac je rate la cible tu prends l’attaque je m’amuse tu m’écartes je cherche ma muse pardonne les loups à la porte de l’appartement on ne s’est pas connu avant épargne ton goût fais fi des hurlements préserve le ligament réserve ton lit on avance des fonds on dessine des ronds on impose les compromis sans comprendre le fond tu accordes ton arc tu t’en tireras intact tu prends tes cliques tu laisses tes claques j’apprends tes tics je perds le tact j’abuse je dérape dans le triangle et son axe la corde est raide oui mais l’eau est tiède maintenant que l’air est chaud je ne donne pas cher de ma peau on me parle de nuages je pellete des naufrages
2.
04:03
du bas de mon plancher du haut de ses pieds sous l’angle d’un doute la balance a penché de longs couteaux dans la nuit elle est bourreau de mes fuites elle coupe les gentes dames les jambes à mon cou du bas de mon plancher du haut de ses pieds au gré de mes chutes la tension a monté c’est l’émoi entre elle et moi les semaines et les mois me lassent et je bois sur les toits d’entre chez elle et chez moi les parcelles de ces mois à l’aube de danser au déclin du passé au clair de la lune l’amour est entré de longs rideaux sur la scène je suis bourreau de moi-même je coupe les gentes dames les jambes à mon cou au vent de la raison de mon souffle crevé je prends tout mon temps et te laisserai aller
3.
02:55
j’ai peur de rester ici vendre ma peau acheter la paix d’esprit un peu de repos j’ai peur de tomber ici m’enfarger de haut l’amour d’une seule envie comme des animaux d’amont en aval le courant avale ton écho le cul en cavale le corps une cabane d’oiseaux mais tu n’y atterris que tous les quatre jeudis j’ai peur de marcher ici croiser son dos chaque présence a son prix réclamé aussitôt j’ai peur de parler ici j’ai perdu les mots la peur d’un seul ennui comme des animaux la mort se dévoile la morsure de tes crocs le vent dans les voiles au toucher de ta peau si j’y atterris un de ces quatre jeudis là où le fleuve s’agrandit l’horizon retrouve la surface j’ai envie d’un face-à-face et puis de récolter les débris
4.
toi qui fus une moitié retranchée par mes manques tu amputes des hommes et rapailles les pièces une lumière un musée jailliront de la fente je reconnais la muse et ton oeuvre se dresse moi qui fus à tes pieds j’en ai fumé la plante qui laisse un talon d’achille plâtré de paresses faire un tabac d’enfer au comptoir de la banque le salaire des péchés pour la peau de tes fesses j’enjambe les fleurs du tapis à l’eau de rose je lave et j’essuie j’entends le clairon et je croque à ton fruit j’enjambe les fleurs du tapis à l’eau-de-vie je bave et je suis heureux d’une saison qui portera ses fruits j’ai relu les ellipses de nos romans-savons traversé les frontières de nos brèves odyssées alourdies par l’urgence de presser le citron à présent il nous reste que la peau à lécher une année accablée comblée d’hibernation à sauter les moutons que j’ai déjà comptés et malgré les solstices toujours la même saison aujourd’hui aux aguets des abords de l’été irriguons le jardin érigeons le soleil aux lueurs du matin je faucherai l’indolence un amour enchéri reprendra sa cadence ne me restera plus qu’à trouver le sommeil
5.
05:49
sous le signe du cancer sous un ciel avec ou sans soleil si sans cesse on se lasse c’est du même au pareil à refaire le lit d’il y a déjà un an à défaire les blancs de mémoire et d’argent déboucle ma ceinture laisse-moi tomber à l’eau érode mes blessures c’est la mise à niveau embrase ma peau embrasse mes os on reprend la soudure y’a un cheveu sur la soupe si je t’ennuie tu t’ennuies de lui les ponts que je coupe ont terni tes envies si on est mort dans l’oeuf je m’en mords les doigts j’aurai les remords d’un veuf le pas lent d’un convoi déboucle ta ceinture laisse-toi perdre tes eaux dérobe tes pelures c’est la mise à niveau j’embrase ta peau j’embrasse tes os et que monte le mercure on reprend la soudure perce mes oreilles je t’entendrai nos bijoux relayent les chaînes à mon cou berce son sommeil j’apprendrai à enrichir ton pouls dresse son soleil je t’attendrai si tu attendris les coups dresse mon soleil je t’attendrai si tu attendris ses coups
6.
dépression au-dessus du jardin ton expression est au chagrin tu as lâché ma main comme si de rien n’était de l’été c’est la fin les fleurs ont perdu leur parfum qu’emporte un à un le temps assassin dépression au-dessus du jardin j’ai l’impression que c’est la fin je me sens soudain tellement lointain tu t’es égaré en chemin tu essaies de me faire croire en vain que l’amour reviendra l’été prochain
7.
01:51
8.
un nouveau monde comme un point sur un i la carte de nos terrains d’entente et de mes états d’esprit le culte d’un corps au son du clairon annonce les ébauches des ébats qui profanent le doigté humide d’une croix sur un front me voilà sur un nuage la sainte fumée d’une femme un nom à coucher dehors j’aperçois le firmament et je prie la patronne à tout bout de nos champs d’être tout feu tout flamme à tout vent je lui ouvre la crypte qui me sert de maison puisse-t-elle puiser à ma peau tout ce qui l’endort on boira le sang et on se mangera le corps fidèle à nos désirs prochains et nos premières communions en chair et en os le plaisir de la chair et des eaux devant les vents mauvais venus dispersés aussitôt je me repens sur l’autel de nos ventres qui frémissent et je prie la patronne d’être le clou de ses offices un sacrilège un sacrifice je me présente sans parure j’allume un cierge dans la nuit et je prie la patronne d’être celui qu’elle choisit de tous les vents qui l’ont menée ici à l’au-delà des martyrs je l’invoque et tu l’incarnes oui je prie la patronne j’abaisse les armes et je croque à ta pomme
9.
poids pesant du passé que l’on porte pourtant ciel ouvrant de tes jambes qui éclaire en dedans paradis parties et paris que l’on perd sous le nez des passants passe l’adultère l’infini grand se plie à tes lèvres la sueur de la nuit à la fièvre comme c’est fragile tout est lucide hissez haut la corde sensible je te veux je te vois et que veux-tu voiler de nos corps étendus qui apprennent à mourir j’irai pendre ce corps à un autre désir j’irai le long des côtes m’allonger comme c’est facile tout est cupide hissez haut la corde sensible
10.
je trouverai la faille dans tes remparts j’ouvrirai la bouche de mes canons tes décombres seront ce qu’ils sont j’apprendrai ta langue par tous les noms je pars au fond de tes méandres s’il ne reste qu’à me méprendre je méprends de toi il pleut des clous je bois tes coups tu me martèles et je m’assomme il n’y a pas de question dans une chanson à répondre tu passes au travers d’un homme et je chante seul ce que tu ne dis à personne je trouverai la faille dans tes remparts tu me délaisses mais je suivrai la corde je prendrai le temps par les cornes j’attendrai le temps de passer l’automne mais s’il ne reste que décembre s’il ne me reste qu’à descendre je descends sur toi
11.
04:53
je tombe mais toujours à poings fermés je ris jaune soleil j'ai des bleus de ciel tous les lendemains de veille je veille les feux rouges et ton drapeau blanc tous les pieds-de-vent je vante mon ménage de printemps mes soldes de saison je suis en liquidation j'ai des airs de croque-mort j'ai la patience de l'âge d'or il en reste encore une ou deux à décevoir on vole mes oiseaux de nuit mon soleil levant mon sommeil couchant je porte des humeurs latentes j'avorte les files d'attente je tombe mais jamais vraiment à point je relève les bateaux qu'on m'a montés

credits

released August 23, 2019

ROMAN-SAVON

enregistré au grantham acoustique, au skybarn, au van horne, au latraque, à la résidence d’antoine corriveau et à la résidence de mathieu bérubé entre le printemps 2017 et l’automne 2018

paroles et musique: mathieu bérubé
excepté « dépression au-dessus du jardin »: serge gainsbourg
d'après une étude de chopin

réalisation: antoine corriveau
arrangements: mathieu bérubé, antoine corriveau
et tous les musiciens qui ont participé à ce disque
stéphane bergeron, cédric martel, simon piché-castonguay, mélanie venditti, julie boivin, marianne houle, martin lizotte, étienne côté, catherine leduc, jérôme dupuis- cloutier, elyze venne-deshaies et alexandre larin

arrangements de cordes: mélanie venditti
arrangements de cuivres: elyze venne-deshaies et jérôme dupuis-cloutier

prise de son: antoine corriveau
prise de son additionnelle: nicolas grou, mathieu bérubé,
tonio-morin vargas, christian- adam gilbert, jérôme dupuis-cloutier
mixage: tonio morin-vargas
à l’excellent studio du québec
matriçage: ryan morey au hotel2tango

production: mathieu bérubé

la création de cette oeuvre a été rendue possible
grâce à l’appui financier du conseil des arts et des lettres du québec
ce projet n’a malheureusement pas été rendu possible en partie grâce au gouvernement du canada

éditions: ad litteram

photographie: marie-pier meilleur
graphisme: marin blanc

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all rights reserved

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about

Mathieu Bérubé Montreal, Québec

La banlieue de Saint-Eustache a vu naître Mathieu Bérubé par un clair après-midi de 1993. Il a depuis achevé ses études inférieures et étudié la guitare classique, raffiné son style et distingué ses manières. Il s’agit d’une poésie ludique orientée vers l’autre ; le désir et la sensualité. ... more

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